Anne Hiltpold

Demander aux élèves ce qu'ils attendent de l'école

Anne Hiltpold, présidente du Conseil d'État genevois, a fait de l'IA dans l'éducation le thème de son année présidentielle.

Consulter les jeunes comme des partenaires
Un questionnaire a été adressé aux élèves, du primaire au secondaire II : usages, attentes envers l'école, craintes pour l'avenir des métiers. Les résultats seront présentés le 27 octobre lors d'une soirée publique avec des spécialistes. « Quand on pose des questions, il faut accepter les réponses. »

Une approche progressive et transversale
L'IA entre dans chaque discipline et dès le primaire, par exemple avec des robots pour comprendre le codage. Les élèves reçoivent un document-cadre et des recommandations d'outils respectueux des données.

Des cantons pas encore alignés
Les ministres de l'Éducation abordent l'IA en ordre dispersé : certains cantons mettent des outils à disposition de leurs élèves, d'autres non. Ce que les jeunes demandent, c'est qu'on leur apprenne à gérer les risques, pas seulement qu'on les leur énumère.

Des opportunités pour les enseignants
Une enseignante a créé un chatbot qui fait parler les personnages historiques d'une œuvre littéraire. « Si cela permet aux jeunes d'être plus intéressés par la littérature, tant mieux. » La réforme de la maturité et la réécriture des plans d'études intègrent une réflexion sur l'IA dans chaque discipline, avec plus d'interdisciplinarité et des semaines décloisonnées.

Un défi d'échelle
Avec quelque 80 000 élèves dans le canton, l'école publique ne bouge pas à la vitesse d'une école privée. Les enseignants formés il y a 20 ou 30 ans doivent eux aussi être accompagnés. Le rôle de l'enseignant qui suit ses élèves de près reste central.
« Il faudra toujours savoir écrire et maîtriser l'orthographe. » Il faut accompagner les enseignants pour qu'ils puissent accompagner les élèves.