
Cesla Amarelle
Les angles morts du droit suisse face aux biais
Présidente de la Commission fédérale pour les questions féminines, Cesla Amarelle a présenté l'étude fédérale de juillet 2026 sur la transformation numérique et l'égalité.
Pas de loi générale contre les discriminations
Une personne écartée par un algorithme de recrutement a peu de recours face à un employeur privé, et la preuve reste difficile. Les administrations ne sont pas tenues d'indiquer qu'elles utilisent un algorithme, et aucun registre public n'existe.
L'humain d'abord
« C'est l'être humain qui est discriminant et pétri de stéréotypes. » L'IA les « exponentialise ». L'étude propose une loi-cadre, des indicateurs et un centre de compétence.
Un moment charnière
L'étude arrive au bon moment, avec le sommet mondial de l'IA à Genève, la transposition en droit suisse de la Convention du Conseil de l'Europe sur l'IA et la réflexion fédérale sur une loi sur les plateformes.
Les axes de l'étude
Elle couvre la souveraineté numérique, nécessaire pour que le politique puisse agir. Elle oriente l'innovation vers le bien commun, par exemple en démocratisant la formation. Elle traite aussi de l'accès et de l'autonomie, de la mise en place d'indicateurs et de contrôles, et de la montée en compétence de toute la population, femmes comprises.
L'université dans le flou
Dans les deux universités où elle enseigne, les questions restent ouvertes. Faut-il autoriser l'IA pour les dissertations ? Comment le déclarer ? D'où sa proposition d'un centre de compétence capable de fournir une grille d'analyse commune.
Les stéréotypes tuent déjà
Elle a cité une étude de l'Université de Zurich sur la mortalité plus élevée lors de l'accouchement chez les femmes afrodescendantes, liée aux stéréotypes du personnel soignant sur la douleur. « C'est plus facile de scinder un atome que de scinder un stéréotype. » Elle a aussi critiqué les assistants vocaux à voix féminine, « corvéables à merci », et plaide pour des voix plus neutres.
Avant de déployer, il faut exiger trois choses : transparence, confiance et analyse d'impact.