
Didier Faure
Électrifier l'intelligence pour accélérer la décarbonation
Didier Faure, directeur associé de Transit-On, a présenté ENERGIA, une association genevoise qui vient d'être créée.
L'angle mort
On parle beaucoup de ce que l'IA consomme, trop peu de ce qu'elle peut optimiser : bâtiments, réseaux, processus industriels, transports. La consommation de l'IA porte sur l'électricité, qui ne représente qu'environ 20 % du mix énergétique.
Un pari raisonné
« Oui, ça consomme de l'électricité, mais si ça nous fait sortir du fossile plus rapidement, le pari est gagné. » Il reste critique envers les projections démesurées de certains acteurs.
Des cas d'usage concrets
Optimiser les trajectoires d'avions consomme un peu d'électricité mais réduit la consommation de kérosène. De même, l'optimisation algorithmique des tournées de livraison améliore le transport. L'IA peut aussi améliorer le conseil énergétique, le dimensionnement d'une installation photovoltaïque, d'une pompe à chaleur ou d'un stockage par batteries.
L'Irlande comme signal d'alarme
Le réseau électrique irlandais est aujourd'hui sous forte pression à cause des data centers. À l'inverse, la France dispose de surplus électriques. Pour Didier, il faut électrifier pour décarboner, et l'IA peut accélérer ce mouvement.
Des projections à remettre en perspective
Selon son propre calcul, qu'il présente comme sujet à interprétation, certaines projections de consommation des acteurs de l'IA équivaudraient à construire des dizaines de centrales nucléaires en quelques années. C'est pourquoi il défend un débat ouvert, que NRJA veut animer.
EnergIA organise un hackathon les 13 et 14 novembre et une conférence le 1er décembre à Genève.