
Raphaël Troussier
Où s'arrête la machine, où commence la pensée
Directeur de programme à CREA, Raphaël Troussier adapte l'enseignement à l'IA générative depuis 2023.
Le pharmakon
« Sans effort, on n'apprend rien. »
Comme l'écriture face à l'oralité chez Platon, l'IA est à la fois remède et poison : elle donne des résultats sans le chemin.
Trois piliers d'évaluation
La traçabilité, avec un journal des échanges avec l'IA, la délégation, c'est-à-dire ce qui a été confié à la machine, et la qualité de l'usage. « Un bon travail aujourd'hui, ce n'est pas un travail sans IA. » Le mémoire est maintenu, puis défendu à l'oral.
Du dilemme au paradoxe
Les étudiants craignent de ne pas apprendre, ou de désapprendre, avec l'IA, alors que le monde professionnel leur demande de la maîtriser à fond. La réponse de la CREA est de mener deux fronts en parallèle : le front disciplinaire et le front IA. Cela demande davantage d'efforts aux enseignants comme aux étudiants.
Le retour de l'oral
Mise de côté pendant des millénaires au profit de l'écrit, l'oralité revient comme technique d'évaluation devant un jury de professionnels.
Pas de retour à l'âge de pierre
L'analyse des conversations avec l'IA permet de voir si l'étudiant lui a délégué la conceptualisation ou la recherche d'idées, ce qui entraîne un malus. L'isoler avec papier et crayon n'est pas une solution : « J'ai l'impression qu'on revient à l'âge de pierre. »
Il faut un double apprentissage : les fondamentaux du métier d'abord, pour savoir évaluer ce que produit l'IA, et la maîtrise des outils ensuite.